top of page

Sujet possible : La Collaboration / droits et devoirs

  • didiercariou
  • il y a 1 heure
  • 15 min de lecture

Par Didier Cariou, maitre de conférences HDR en didactique de l'histoire à l'Université de Brest




Épreuve écrite d’application

Domaine histoire, géographie, enseignement moral et civique


Histoire (12 points)


1. A l’aide de vos connaissance et des documents du dossier (documents 3 à 13) expliquez ce qu’il faut savoir sur le régime de Vichy et la Collaboration.

2. Proposez le plan d’une séquence sur la Collaboration menée par le régime de Vichy. Proposez ensuite l’exploitation pédagogique d’un document du dossier.


Éducation morale et civique (8 points)


3. En effectuant la séquence sur le régime de Vichy et la Collaboration, vous vous rendez compte que les élèves ne comprennent pas en quoi ce type de régime contrevient à nos valeurs. Comment l’expliquez-vous aux élèves ?

4. Vous effectuez ensuite une séquence d’EMC sur la liberté et les droits fondamentaux. Indiquez la manière dont vous utiliseriez à cet effet les documents 15, 16 et 17.


Document 1 : Extrait du programme du cycle 3 (2020)


Document 2 : Un historien décrit le régime de Vichy


Le régime de Vichy est né de la défaite de juin 1940 devant l’Allemagne nazie – une défaite brutale et, pour partie, imprévue. La déroute des armées s’est conjuguée avec la chute du régime républicain, entraînant la désagrégation du tissu social, administratif et économique. L’histoire de Vichy s’inscrit d’abord dans la conjoncture courte de cet « événement monstre » qui a suscité le désespoir de toute une nation, permettant la prise de pouvoir d’un clan politique hostile à la poursuite de la guerre et du régime républicain.

Durant sa brève existence, de juillet 1940 à août 1944, le nouveau régime est tributaire de l’occupation militaire du pays, d’abord partielle, ensuite totale après l’invasion de la zone libre, le 11 novembre 1942. Sa marge d’action dépend du rôle que le IIIe Reich entend assigner à la France dans sa stratégie militaire et dans le nouvel ordre européen une fois la victoire consommée (…).

Cependant, la conjoncture extérieure ne suffit à expliquer ni la nature ni les choix de Vichy. En quelques mois, sans intervention des occupants, se met en place une dictature charismatique : l’« État français », un régime autoritaire dont la légitimité repose sur le maréchal Pétain, une figure d ela Grande Guerre. Sa prise de pouvoir déclenche un culte de la personnalité en partie organisé, en partie spontané. Le « Maréchal » tente d’imposer un nouvel ordre politique, social et moral : la « Révolution nationale », qui marque une nette rupture avec la République et défend le principe d’une « communauté nationale » dont sont exclus les éléments « inassimilables », Juifs, communistes, francs-maçons, étrangers (…).

La stratégie menée durant quatre ans repose sur deux éléments. D’une part, il s’agit de gérer les conséquences de l’Occupation, d’affirmer la souveraineté française sur l’ensemble du territoire, zone occupée comprise, de maintenir le pays hors du conflit mondial tout en spéculant sa place dans la future Europe que l’on imagine allemande. Ces objectifs se traduisent par le choix d’une politique de collaboration avec le vainqueur. D’autre part, il s’agit non seulement de restaurer l’autorité de l’État et la cohésion de la nation, mais encore de changer en profondeur la société française malgré la défaite et l’Occupation, ou plutôt grâce à l’opportunité offerte. Ces deux objectifs sont indissociables : la collaboration avec l’ennemi doit créer les conditions favorables à une rénovation interne tandis que la Révolution nationale permet d’affirmer que la France se range idéologiquement dans le camp du IIIe Reich et qu’elle est donc digne de confiance (…).

Source : Henri Rousso (2007). Le régime de Vichy. PUF, Que sais-je ?, p. 3-5.


Document 3 : La poignée de main entre Philippe Pétain et Adolf Hitler à Montoire le 24 octobre 1940.



Document 4 : Le discours radiodiffusé du maréchal Pétain annonçant la collaboration, le 30 octobre 1940 (extraits)


Français, j'ai rencontré, jeudi dernier, le chancelier du Reich (…).

Une collaboration a été envisagée entre nos deux pays. J'en ai accepté le principe. Les modalités en seront discutées ultérieurement (…).

C'est dans l'honneur et pour maintenir l'unité française, une unité de dix siècles dans le cadre d'une activité constructive du nouvel ordre européen, que j'entre aujourd'hui dans la voie de la collaboration. Ainsi, dans un avenir prochain, pourrait être allégé le poids des souffrances de notre pays, amélioré le sort de nos prisonniers, atténuée la charge des frais d'occupation. Ainsi pourrait être assouplie la ligne de démarcation et facilités l'administration et le ravitaillement du territoire. Cette collaboration doit être sincère. Elle doit être exclusive de toute pensée d'agression. Elle doit comporter un effort patient et confiant. L'armistice, au demeurant, n'est pas la paix. La France est tenue par des obligations nombreuses vis-à-vis du vainqueur. Du moins reste-t-elle souveraine. Cette souveraineté lui impose de défendre son sol, d'éteindre les divergences de l'opinion, de réduire les dissidences de ses colonies. Cette politique est la mienne. Les ministres ne sont responsables que devant moi. C'est moi seul que l'histoire jugera. Je vous ai tenu jusqu'ici le langage d'un père. Je vous tiens aujourd'hui le langage du chef. Suivez-moi. Gardez votre confiance en la France éternelle.


Document 5 : Allocution radiodiffusée de Pierre Laval, chef du gouvernement du régime de Vichy, le 22 juin 1942 (extraits)

(…) Ma présence au gouvernement a une signification qui n’échappe à personne , ni en France ni à l’étranger. J’ai la volonté de rétablir avec l’Allemagne et avec l’Italie des relations normales et confiant

De cette guerre surgira inévitablement une nouvelle Europe.

On parle souvent d’Europe, c’est un mot auquel, en France, on n’est pas encore très habitué. On aime son pays parce qu’on aime son village. Pour moi, Français, je voudrais que demain nous puissions aimer une Europe dans laquelle la France aura une place qui sera digne d’elle. Pour construire cette Europe, l’Allemagne est en train de livrer des combats gigantesques. Elle doit, avec d’autres, consentir d’immenses sacrifices. Et elle ne ménage pas le sang de sa jeunesse. Pour la jeter dans la bataille, elle va la chercher à l’usine et aux champs. Je souhaite la victoire de l’Allemagne, parce que, sans elle, le bolchevisme demain, s’installerait partout.

Ainsi donc, comme je vous le disais le avril dernier, nous voilà placés devant cette alternative : ou bien nous intégrer, notre honneur et nos intérêts vitaux étant respectés, dans une Europe nouvelle et pacifiée, ou bien nous résigner à voir disparaître notre civilisation (…).


Source : O. Wieviorka et C. Prochasson (1994). La France du XXe siècle. Documents d’histoire. Nouvelle histoire de la France contemporaine n°20. Seuil, Points, p. 382-383.


Document 6 : Goering juge la collaboration de la France

Compte rendu de la Conférence du Reichsmarschall Goering avec les commissaires du Reich pour les territoires occupés et les commandants militaires sur la situation alimentaire (6 août 1942)


En ce qui concerne la France, j’affirme que sa terre n’est pas encore cultivée au maximum. La France pourrait avoir un rendement agricole bien différent si messieurs les paysans étaient contraints de travailler davantage. D’autre part, la population française s’empiffre de nourriture que c’en est une honte. J’ai vu des villages où ils ont défilé avec leurs longs pains blancs sous le bras. Dans les petits villages, j’ai vu des oranges à pleins paniers, des dattes fraîches d’Afrique du Nord. Hier, quelqu’un a dit : « C’est vrai. La nourriture normale de ces gens s’obtient par le marché noir et le troc, la carte n’est qu’un appoint pour ces gens. » C’est là le secret pourquoi les gens sont si gais en France. Sans cela, ils ne le seraient pas (…).

Il n’est pas question ici du seul ravitaillement, mais je m’époumone pour affirmer que je considère, au fond, toute la France occupée par nous comme un pays conquis. Il me semble qu’autrefois la chose était plus simple. Autrefois, on pillait. Celui qui avait conquis le pays disposait des richesses de ce pays. À présent, les choses se font de façon plus humaine. Quant à moi, je songe tout de même à piller et rondement (…). Je n’ai pas envie que chaque Française s’attife comme une cocotte qui se donne des airs. Dans peu de temps, elle n'aura plus rien à acheter. Elle a, de toute façon, trop de certains vêtements, et pas assez d'autres. Je vais lui faire comprendre ce que cela signifie que de sauvegarder les intérêts du Reich allemand (…). .

La collaboration de Messieurs les Français, je la vois seulement de la façon suivante. Qu’ils livrent tout ce qu’ils peuvent jusqu’à ce qu’ils n’en puissent plus ; s’ils le font volontairement, je dirai que je collabore ; s’ils bouffent tout eux-mêmes, alors ils ne collaborent pas. Il faut que les Français s’en rendent compte (…).

Source : Carnets d’histoire de la guerre, 4, mai 1950. https://www.jstor.org/stable/43996310?seq=1


Document 7 : Montant des frais d’occupation payés par la France à l’Allemagne

1940 : 80 millions de francs

1941 : 121,5 milliards de francs

1942 : 109 milliards de francs

1943 : 194 milliards de francs

1944 : 126 milliards de francs

Total : 630,5 milliards de francs

Source : Durand (1989). La France dans la deuxième guerre mondiale. Cursus, p. 65


Document 8 : Rations alimentaires comparées (en grammes hebdomadaires par personne)


Document 9 : Affiche de propagande de Vichy pour inciter les ouvriers français à se rendre en Allemagne pour y t ravailler (1942). Source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Ils_donnent_leur_sang._Donnez_votre_travail_pour_sauver_l’Europe_du_Bolchévisme_-_affiche.jpg


Document 10 : Soldats de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme, en novembre 1941 sur le front de l'Est. Bundesarchiv / CC/WIKIMEDIA


Document 11 : Arrestation de résistants français par les hommes de la Milice, juillet 1944 (photographie allemande). Source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Bundesarchiv_Bild_146-1989-107-24,_Frankreich,_Einsatz_gegen_die_Resistance.jpg



Document 12 : Arrestation de juifs à Paris par des policiers français, le 20 août 1941.



Document 13 : Note de Dannecker, SS-Hauptsturmführer à l'Office Central de Sécurité du Reich à Berlin, le 6 juillet 1942, à l’issue d’une réunion préparatoire à la rafle du Vel’ d’hiv’.

Objet : Évacuation des Juifs de France. Référence : Entretien entre le SS-Obersturmbannführer Eichmann et le SS-Hauptsturmführer Dannecker, le 1.7.1942 à Paris.

Les négociations avec le gouvernement français ont donné entre temps les résultats suivants : l'ensemble des Juifs apatrides de zone occupée et de zone non occupée seront tenus prêts à notre disposition en vue de leur évacuation.

Le président Laval a proposé que, lors de l'évacuation de familles juives de la zone non occupée, les enfants de moins de 16 ans soient emmenés eux aussi. Quant aux enfants juifs qui resteraient en zone occupée, la question ne l'intéresse pas. Je demande donc une décision urgente par télex pour savoir si, par exemple à partir du quinzième convoi de Juifs partant de France, nous pouvons inclure également des enfants de moins de 16 ans.

Pour finir, je fais remarquer qu'à ce jour, nous n'avons pu aborder que la question des Juifs apatrides ou étrangers pour faire du moins démarrer l'action. Dans la seconde phase, nous passerons aux Juifs naturalisés après 1919 ou 1927 en France.


Document 14 : Extrait du programme d’EMC (2025), classe de CM2


Document 15 : Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (26 août 1789), articles 1 à 6


Art. 1er. - Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.

Art. 2. - Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression.

Art. 3. - Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément.

Art. 4. - La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi.

Art. 5. - La Loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la Société. Tout ce qui n'est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas.

Art. 6. - La Loi est l'expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse (…).



Document 16 : Eugène Delacroix, La liberté guidant le peuple, 1830 (après restauration en 2024). Huile sur toile, 260 cm X 325 cm. Musée du Louvre, Paris. Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Eug%C3%A8ne_Delacroix_-_La_libert%C3%A9_guidant_le_peuple.jpg

Document 17 : Logo de la République française

Proposition de corrigé


Histoire (12 points)


1. A l’aide de vos connaissance et des documents du dossier (documents 3 à 13) expliquez ce qu’il faut savoir sur le régime de Vichy et la Collaboration.


Le régime de Vichy est né de la défaite de l’armée française et de l’occupation de la France par l’armée allemande en juin 1940. Il a été mis en place le 10 juillet 1940 : les parlementaires de la Troisième république (moins les députés communiste en prison et 80 opposants dont le député-maire de Brest Le Gorgeu) on voté les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Ce dernier a mis en place une dictature d’extrême droite qui a décidé de collaborer avec l’Allemagne nazie.


Document 3. Le 24 octobre 1940, Pétain rencontre Hitler dans la petite gare de Montoire, alors que Hitler était de retour en train d’Espagne. La poignée de main entre les deux hommes marque le début de la politique de Collaboration voulue par la France.

Document 4. Le 30 octobre 1940, Pétain annonce officiellement à la radio la politique de la Collaboration. Il la présente comme une demande de l’Allemagne, alors qu’elle était voulue par le régime de Vichy. Elle s’inscrit selon lui « dans le cadre d’une activité reconstructive du nouvel ordre européen ». Cela signifie que le régime de Vichy fait le pari de la victoire totale de l’Allemagne et cherche à se ménager une place privilégiée dans la future Europe allemande. Pétain présente la Collaboration comme le moyen de faciliter le retour des prisonniers de guerre, de réduire les frais d’occupation imposés par l’armistice, et de faciliter le ravitaillement. Les documents 7 et 8 du dossier permettent de voir ce qu’il en fut réellement. Enfin, il annonce une politique répressive (« éteindre les divergences de l’opinion »).

Document 5. Le 22 juin 1942 (premier anniversaire de l’attaque allemande contre l’URSS), Laval, le chef du gouvernement de Vichy, développe l’idée déjà énoncée par Pétain le 30 octobre 1940 : l’Allemagne va gagner le guerre et la France doit occuper dans la future Europe allemande « une place qui sera digne d’elle ». Il prononce ensuite la phrase qui l’a totalement discrédité auprès de l’opinion publique : « Je souhaite la victoire de l’Allemagne parce que, sans elle le bolchevisme demain s’installerait partout ». Selon lui, il faut soutenir le régime nazi pour lutter contre le communisme.

Document 6 : Quelques jours plus tard, Goering, l’un des hommes les plus proches de Hitler, explique ce que signifie la Collaboration de la France selon lui : la France doit produire davantage pour alimenter l’économie allemande et les Allemands doivent pouvoir tirer de la France toutes les ressources possibles.

Document 7 et 8 : Ces deux documents montrent que la Collaboration a conduit en réalité à un accroissement progressif des frais d’occupation versés par la France. Les Français étaient moins bien alimentés que les Belges et les Hollandais qui se trouvaient sous occupation militaire allemande directe. Contrairement à ce qu’avait affirmé Pétain le 30 octobre 1940, la Collaboration a signifié une aggravation des conditions de vie des Français. Ces deux documents montrent les effets de la Collaboration économique du régime de Vichy.

Document 9. La Collaboration économique se marquait également par l’envoi de main d’œuvre en Allemagne. Cette affiche montre également la dimension politique de cette mesure car la finalité est de lutter contre le communisme en partant travailler dans les usines d’armement allemandes. Par la suite fut mis en place le Service du travail obligatoire (STO) qui obligea tous les jeunes gens âgés de 20 ans à partir en Allemagne. Au total, la France fut le premier pays pourvoyeur de main d’œuvre qualifiée pour l’industrie allemande.

Document 10. La Collaboration fut également militaire. A l’été 1941, le régime de Vichy créa la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF). Environ 2 000 hommes appartenant à divers partis pro-nazis s’engagèrent pour combattre sur le front de l’Est. Leur premier, et seul, engagement contre l’armée soviétique montra leur faibles qualités militaires. Ils servirent ensuite à la chasse aux partisans et au massacre des juifs en Biélorussie. En 1942, des Français furent également incités à s’engager dans la Waffen SS.

Document 11 : La Collaboration fut également policière. La milice, au service de l’armée allemande, servit à pourchasser les juifs et les résistants.

Document 12. Cette Collaboration policière conduisit le régime de Vichy et la police française à participer activement à l’arrestation des juifs. Le document 12 montre des policier français (avec les képis) arrêtant des juifs et les forçant à monter dans des bus parisiens pour les emmener au camp de Drancy, d’où ils étaient déportés à en Pologne pour y être assassinés. On sait que, sans la police française, les Allemands n’auraient pu déporter et assassiner autant de juifs vivant en France.

Document 13. Ce document est le compte-rendu d’une réunion tenue entre un responsable SS et Laval pour préparer la rafle du vel’ d’hiv’ du 16 juillet 1942. Il apparaît qu’il était prévu que les juifs parisiens seraient arrêtés par les policiers français avant leur déportation (« évacuation » dans le texte). Surtout, Laval a demandé que les enfants de la zone non occupée soient également déportés. Ce texte est une preuve accablante du fait que le régime de Vichy est allé au-delà des demandes des Allemands dans la réalisation de la Shoah. Le 16 juillet 1995, le président Chirac a prononcé un discours important reconnaissant la responsabilité de la police et de l’État français dans la déportation des juifs de France.


2. Proposez le plan d’une séquence sur la Collaboration menée par le régime de Vichy. Proposez ensuite l’exploitation pédagogique d’un document du dossier.


1ère séance : pourquoi la Collaboration ?

Document 3 : la poignée de main de Montoire. Pétain (à gauche, en uniforme de maréchal) salue Hitler (à droite). Le ou la PE explique que Pétain cherche à se faire bien voir d’Hitler.

Document 4 : le discours de Pétain du 4 octobre 1940. On cherche les arguments de Pétain pour justifier la collaboration (début du paragraphe central). Le ou la PE explique que le régime de Vichy veut se ménager une bonne place dans la future Europe nazie.

Production écrite : qu’avons-nous appris aujourd’hui ?


2ème séance : Les effets de la Collaboration économique sur la population

Document 7 et 8 : les élèves vérifient les deux assertions de Pétain (document 4) sur l’allègement des frais d’occupation et sur le ravitaillement du territoire. Ils voient que la Collaboration a conduit à une situation inverse

Document 9 : les jeunes français sont obligés d’aller travailler en Allemagne (et les prisonniers de guerre ne reviennent pas)

Production écrite : qu’avons-nous appris aujourd’hui ?


3ème séance : La collaboration militaire et policière

Document 10 : la Milice participe à la guerre contre les résistants

Document 11  : Des Français combattent sous l’uniforme allemand (la LVF)

Document 12 : des policiers français arrêtent des juifs à Paris pour les déporter en Pologne = participation à la Shoah

Production écrite : qu’avons-nous appris aujourd’hui ?


Production écrite finale : Raconte la Collaboration voulue par le maréchal Pétain


Exploitation pédagogique d’un document : document 11

Quand a été prise cette photographie ? En juillet 1944, pendant les combats de la Libération (un mois après le débarquement allié en Normandie

Qui sont les soldats qui tiennent des fusils ? Des miliciens du régime de Vichy

Qui sont les hommes qui tiennent leurs mains sur la tête ? Des résistants qui se battent contre l’armée allemande

Quel âge peuvent avoir les résistants situés au premier plan ? Ce sont des adolescents

Le ou la PE peut expliquer qu’ils seront certainement fusillés

Pourquoi est-il important de remarquer qu’il s’agit d’une photographie allemande ? Elle a été prise par un soldat allemand, ce qui montre que les miliciens travaillent au service de l’armée allemande pendant les combats de la Libération.

Production écrite sur la collaboration policière et militaire


Éducation morale et civique (8 points)


3. En effectuant la séquence sur le régime de Vichy et la Collaboration, vous vous rendez compte que les élèves ne comprennent pas en quoi ce type de régime contrevient à nos valeurs. Comment l’expliquez-vous aux élèves ?


Rappel : nos valeurs sont la liberté, l’égalité et la fraternité. Le régime de Vichy n’en a respecté aucune car il était un régime d’extrême droite favorable au fascisme et au nazisme. Son slogan « travail, famille, patrie » a remplacé la devise « liberté, égalité, fraternité ». La liberté n’était pas respectée : la presse et la radio étaient contrôlées, les opposants politiques étaient mis en prison. L’égalité entre les citoyens était contredite par le statut des juifs qui était discriminatoire car il interdisait l’exercice de nombreux métiers aux juifs (notamment : enseignant). La fraternité n’était pas respectée car le discours des hommes de Vichy incitait à la haine contre les juifs, les communistes, les hommes politique de la Troisième république et tous les opposants politiques en général.


4. Vous effectuez ensuite une séquence d’EMC sur la liberté et les droits fondamentaux. Indiquez la manière dont vous utiliseriez à cet effet les documents 15, 16 et 17.


Le document 17 permet de rappeler la devise et les valeurs de la république. Il peut servir surtout à conduire les élèves à se demander ce que symbolise le profil féminin sur le logo. Les élèves peuvent y reconnaître Marianne, qui symbolise la République. Mais il faut se demander alors pourquoi elle symbolise la République.

Le document 16, le tableau de Delacroix intitulé La liberté guidant le peuple, évoque la Révolution de 1830. La figure féminine qui incarne la liberté sur le tableau n’était pas Marianne, mais elle a été progressivement confondue avec elle. On s’interroge avec les élèves sur la symbolique associée à cette figure. Elle se présente sous la forme d’une allégorie (les élèves peuvent voir qu’elle n’est pas réelle, elle représente une idée qui se trouve au-dessus des hommes et les entraîne) empruntée à la statuaire grecque. Elle brandit le drapeau tricolore et entraîne avec elle les hommes révoltés qui défendent la liberté. Elle porte un bonnet phrygien, qui symbolisait la liberté gagnée par les esclaves affranchis à Rome et elle porte un fusil pour montrer que la liberté doit parfois se défendre par la force des armes.

Le document 15 présente des extraits de la DDHC de 1789. Les élèves peuvent y chercher les endroits où la liberté est mentionnée et définie (articles 1 et 2) et définie (articles 4 et 5).

Commentaires


bottom of page