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Sujet possible : L'Union européenne - Les symboles de la République

  • didiercariou
  • 19 déc. 2025
  • 11 min de lecture

Dernière mise à jour : 6 janv.



Par Didier Cariou, Maitre de conférences HDR en didactique de l'histoire à l'Université de Brest


Composante histoire (12 points)

1. Sur la base de vos connaissances et des documents du dossier (documents 1 à 7), vous préciserez les étapes de la construction de l’Union européenne et les caractéristiques de cette dernière.


2. En vous appuyant sur les documents du dossier, vous présenterez l’organisation d’une séquence sur : « La construction européenne » depuis les années 1990, en classe de CM2. Vous proposerez l’exploitation pédagogique d’un document du dossier.


Composante EMC (8 points)

1. Avant de réaliser la séquence d’histoire sur « La construction européenne » en histoire, vous réalisez une séquence d’EMC sur « les symboles républicains français » en CM2 à partir des documents du dossier (documents 8 à 11). Présentez cette séquence d’EMC.


2. Indiquez comment vous expliquez à vos élèves la fonction de ces symboles.



Document 1 : Extrait de la Fiche EDUSCOL : Thème 3 - La France, des guerres mondiales à l’Union européenne (classe de CM2)

La construction européenne

Cette partie du thème a un lien fort avec l’enseignement moral et civique (EMC). La rubrique « sensibilité » comprend une initiation aux « valeurs et symboles » de l’Union européenne, la rubrique « le droit et la règle » implique de faire découvrir aux élèves « les grandes déclarations des droits » - ce qui comprend la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 mais aussi la Charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne (2000) qui renvoie à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme de 1950. Toujours dans cette rubrique, il faut également présenter aux élèves la citoyenneté européenne. Des débats à visée philosophique pourront être engagés à partir des principes présents dans ces textes, afin de comprendre ce que l’on y affirme et ce que l’on veut éviter (ce qui renvoie à l’expérience des deux conflits mondiaux).

Partir de la citoyenneté européenne, à laquelle on n’accède que par le biais de la citoyenneté nationale d’un des États membres de l’Union Européenne, permet de présenter celle-ci comme le fruit d’une coopération entre des États qui ont choisi d’exercer en commun certains domaines relevant de leur souveraineté. Les principales étapes de la construction européenne pourront être évoquées à partir par exemple de l’observation de cartes évolutives, d’une brève chronologie (1957 : traité de Rome ; 1992 : traité de Maastricht), en identifiant à chaque fois les États concernés et ce qu’ils mettent en commun, et en montrant ainsi que la construction de la paix s’est opérée par des coopérations concrètes.


Document 2 : Carte des élargissements successifs de l’Union européenne



Document 3 : Carte de l’espace Schengen en 2025


Document 4 : Couverture de différents passeports européens


Document 5 : Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (2000) (extrait)

Préambule :

Les peuples de l’Europe, en établissant entre eux une union sans cesse plus étroite, ont décidé de partager un avenir pacifique fondé sur des valeurs communes.

Consciente de son patrimoine spirituel et moral, l’Union se fonde sur les valeurs indivisibles et universelles de dignité humaine, de liberté, d’égalité et de solidarité; elle repose sur le principe de la démocratie et le principe de l’État de droit. Elle place la personne au cœur de son action en instituant la citoyenneté de l’Union et en créant un espace de liberté, de sécurité et de justice.

L’Union contribue à la préservation et au développement de ces valeurs communes dans le respect de la diversité des cultures et des traditions des peuples de l’Europe, ainsi que de l’identité nationale des États membres et de l’organisation de leurs pouvoirs publics au niveau national, régional et local ; elle cherche à promouvoir un développement équilibré et durable et assure la libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux, ainsi que la liberté d’établissement.

A cette fin, il est nécessaire, en les rendant plus visibles dans une Charte, de renforcer la protection des droits fondamentaux à la lumière de l’évolution de la société, du progrès social et des développements scientifiques et technologiques (…).


Document 6 : Carte des États de la zone euro en 2025


Document 7 : Déclaration annexée à l’acte final de la conférence intergouvernementale qui a adopté le traité de Lisbonne, signé le 13 décembre 2007 (extrait)

52. La Belgique, la Bulgarie, l'Allemagne, la Grèce, l'Espagne, l'Italie, Chypre, la Lituanie, le Luxembourg, la Hongrie, Malte, l'Autriche, le Portugal, la Roumanie, la Slovénie et la Slovaquie déclarent que le drapeau représentant un cercle de douze étoiles d'or sur fond bleu, l'hymne tiré de « l'Ode à la joie » de la Neuvième symphonie de Ludwig van Beethoven, la devise « Unie dans la diversité », l'euro en tant que monnaie de l'Union européenne et la Journée de l'Europe le 9 mai continueront d'être, pour eux, les symboles de l'appartenance commune des citoyens à l'Union européenne et de leur lien avec celle-ci.




Document 8 : Extrait du programme d’EMC (2024)

CM2 : Vivre en république

Citoyenneté et nationalité

Notions abordées

Contenus d’enseignement

Démarches et situations d’apprentissage possibles

Symboles républicains

- connaître et comprendre les symboles républicains mentionnés par la Constitution : drapeau, hymne, devise, et d’autres coutumiers comme Marianne ; connaître la fête nationale du 14 juillet (héritière de la Fête de la Fédération de 1790) ; comprendre la nécessité de respecter ces symboles ; 

- savoir que la République française est membre de l’Union européenne (UE)

La République est héritière d’une histoire, elle se rend visible par des symboles fédérateurs. Connaître des lieux de la mémoire collective et les dates de commémorations, et faire apparaître ce que nous devons aux générations antérieures (visiter des lieux de mémoire ; lire un témoignage d’ancien combattant ; identifier des traces laissées par l’histoire). Participer à la commémoration du 11 novembre. Connaître le drapeau européen, comprendre pourquoi il est associé au drapeau tricolore sur les bâtiments publics et reconnaître l’hymne européen

Document 9 : Article 2 de la Constitution de la Cinquième République de 1958 (modifié par la loi constitutionnelle du 5 août 1995)


Article 2.

La langue de la République est le français.

L'emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge.

L'hymne national est la « Marseillaise ».

La devise de la République est « Liberté, Égalité, Fraternité ».

Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.




Document 10 : Portrait officiel du président Macron.




Document 11 : Le timbre vert de la Poste à l’effigie de Marianne, en circulation en 2023, à 1,16 euro, dessiné par YZ Yseult, gravé par Elsa Catelin et imprimé en taille-douce.


Proposition de corrigé



Composante histoire (12 points)


1. Sur la base de vos connaissances et des documents du dossier (documents 1 à 7), vous préciserez les étapes de la construction de l’Union européenne et les caractéristiques de cette dernière.


La construction européenne obéit à une double logique : empêcher une nouvelle guerre entre ses États membres et développer un marché à l’échelle continentale, organisé selon la logique du libéralisme économique.


Le document 2 présente les élargissements successifs de l’UE. Les 6 États fondateurs (Europe des Six) sont ceux qui, après avoir créé la CECA en 1951, ont signé le traité de Rome en 1957, instituant la CEE dont l’objectif était de créer un grand marché intérieur sans droits de douanes entre les pays membres. Après la disparition de De Gaulle qui s’était opposé à leur adhésion, le Royaume Uni, l’Irlande et le Danemark ont rejoint la CEE (Europe des Neuf). Celle-ci s’est développée par le Sud avec l’adhésion de la Grèce en 1981 et de l’Espagne et du Portugal en 1986, une fois que ces trois pays avaient accédé à la démocratie (Europe des Douze). L’effondrement du bloc soviétique a permis l’adhésion de l’Autriche, de la Finlande et de la Suède qui étaient neutres dans la rivalité Est/Ouest (Europe des Quinze). Après leur intégration à l’économie de marché, ce fut au tour des anciens pays membres de l’ancien bloc soviétique, de rejoindre l’UE en 2004 et en 2007 (Europe des 25). La Slovénie, Chypre et Malte ont adhéré en 2013 (Europe des 28). Le Brexit conduisit au départ du Royaume Uni en 2020 (Europe des 27).


Le document 3 présente les États membres de l’espace Schengen. La Convention de Schengen fut signée en 1985 (en vigueur en 1995), elle garantit la libre circulation des personnes d’origine européennes au sein de la Communauté européenne. Elle entraîna la suppression des contrôles douaniers aux frontières entre les États membres (sauf le Royaume uni et l’Irlande). La carte montre en effet que certains États de l’UE ne sont pas membres de l’espace Schengen et que des États hors UE sont membres de l’espace Schengen (Suisse, Norvège, Islande) Cette convention fut rattachée à l’Acte Unique européen de 1986, mis en place par Jacques Delors, président de la Commission européenne. Cet Acte unique constitua la deuxième étape de l’approfondissement de la Communauté européenne instaurant, en plus de la liberté de circulation des marchandises (qui était l’objectif de la CEE), la liberté de circulation des personnes (Convention de Schengen) et des capitaux, selon une logique économique libérale.


Les couvertures (document 4) des passeports européens de différents pays portent toutes la mention « Union européenne ». Ceci est la conséquence du traité de Maastricht de 1992, qui marque la troisième étape de l’approfondissement de la Communauté européenne, après l’effondrement du bloc soviétique et l’unification de l’Allemagne. Ce traité est allé au-delà de la simple logique économique qui prévalait jusque-là en s’orientant vers un logique plan politique. Ce traité instaure une citoyenneté européenne (passeport européen, droit de vote aux élections locale et européennes partout dans l’Union, renforcement des attributions du parlement européen) qui conduit à substituer l’Union européenne à la Communauté européenne. Sur le plan monétaire est décidée la création de l’Euro (en circulation en janvier 2002) géré par la Banque centrale européenne (BCE) indépendante des États membres.


Le document 6 indique les États membres de la zone euro en 2025. Certains États n’adhèrent pas à l’Euro soit pour des raisons politiques (ils sont eurosceptiques : Danemark, Suède, Hongrie, république tchèque), soit parce que leur économie n’est pas encore suffisamment développée pour utiliser l’Europe (Pologne, Roumanie, Bulgarie). Précisons que la Bulgarie a intégré la zone euro le 1er janvier 2026.


La charte des droits fondamentaux de 2000 (document 5) précise les principes et les valeurs qui doivent être respectés en Europe : les droits humains, les libertés individuelles, la démocratie et l’État de droit. A ce libéralisme politique s’ajoute le libéralisme économique telle qu’il a été mis en place par la CEE et l’Acte unique.


Le document 7 précise la nature des symboles européens. Le drapeau arborant douze étoiles d’or sur fond bleu adopté au préalable par le Conseil de l’Europe symbolise l’union (le cercle) et la perfection (le nombre douze). Ces notions se retrouvent dans la devise « unis dans la diversité ». L’hymne, également adopté par le conseil de l’Europe, est l’Ode à la joie de Beethoven, extrait de la neuvième symphonie. La journée du 9 mai, ou journée de l’Europe, commémore le discours prononcé par Robert Schuman annonçant la création de la CECA, le 9 mai 1950.



2. En vous appuyant sur les documents du dossier, vous présenterez l’organisation d’une séquence sur : « La construction européenne » depuis les années 1990, en classe de CM2. Vous proposerez l’exploitation pédagogique d’un document du dossier.


Compétences visées :

  • Se repérer dans le temps

  • Se repérer dans l’espace

  • Comprendre le sens d’un document

  • Pratiquer différents langages en histoire et en géographie


Savoirs visés :

  • Acte unique européen (et Schengen), Traité de Maastricht

  • Euro, citoyenneté européenne

  • Valeurs et symboles de l’UE


Le but de cette séquence est de faire prendre conscience aux élèves qu’elles et ils seront des citoyen·nes de l’UE et que l’UE les concerne au quotidien.


Séance 1. La citoyenneté européenne

Document 4 : La citoyenneté européenne à travers les passeports (traité de Maastricht, 1992)

Document 3 : La liberté de circulation dans l’espace Schengen (1985/1995) pour les citoyen·nes européen·nes. Voir dans quels pays nous (ne) serions (pas) contrôlé·es à la frontière


Séance 2. L’euro

On pourrait regarder des pièces en euros que nous utilisons en France pour constater qu’elles viennent de différents pays. Retour avec les élèves sur la mise en place de l’Euro décidée à Maastricht et sa mise en circulation en janvier 2002.

Document 6 : La carte de la zone euro permet de constater que tous les États de l’UE n’en sont pas membres. Voir dans quels pays nous pourrions utiliser (ou pas) l’Euro.


3. Des valeurs et des symboles

Document 5 (§ 2) : Des valeurs communes (proches de nos valeurs déjà étudiées en histoire et en EMC)

Document 7 : Les symboles de l’UE et leur signification (drapeau, hymne, devise, Euro, journée du 9 mai)


Production écrite : Raconter ce qu’apporte l’UE aux citoyens·nes européen·nes

(liberté de circulation sans être contrôlé, utiliser la même monnaie dans l’espace euro sans changer d’argent, partager des valeurs démocratiques communes avec les autres citoyens·nes européen·nes)


Exploitation pédagogique d’un document : la charte des droits fondamentaux de 2000 (document 5)


Les deux premiers paragraphes

L’exploitation de ce document doit permettre de faire comprendre aux élèves que les droits et les valeurs de l’UE sont les même qu’en France

1. Relevez les trois principaux groupes nominaux du 1er § : que nous apprennent-ils sur les objectifs de la construction européenne ?

Réponse attendue : union étroite, avenir pacifique, valeurs communes => une volonté de s’unir pour garantir la paix (ne pas revivre la 2e guerre mondiale), ce qui est rendu possible parce que nous avons les mêmes valeurs

2. Quelles sont les valeurs défendues par l’UE ? Sont-elles différentes de celles de la France ?

Préciser qu’une valeur c’est ce qui est considéré comme juste et bon.

Réponse attendue : dignité humaine, liberté, égalité, solidarité. Elles rappellent : « liberté, égalité, fraternité ».

3. Quels sont les principes de l’EU ?

Réponse attendue : Démocratie et État de droit (l’enseignant·e devra préciser leur signification)

4. Que signifie l’expression « un espace de liberté, de sécurité et de justice » ?

Réponse attendue : nous pouvons circuler librement et sans crainte en Europe. La justice est la même pour tout le monde.

5. Conclusion : qu’est-ce qui est commun à tous les États membres de l’UE ?

Réponse attendue : la démocratie, vivre en paix et des valeurs communes.


Composante EMC (8 points)


1. Avant de réaliser la séquence d’histoire sur « La construction européenne » en histoire, vous réalisez une séquence d’EMC sur « les symboles républicains français » en CM2 à partir des documents du dossier (documents 8 à 11). Présentez cette séquence d’EMC.


Le programme d’EMC rappelle que « La République est héritière d’une histoire, elle se rend visible par des symboles fédérateurs ». Pour cette raison, il convient d’indiquer aux élèves la signification et l’historique de ces symboles.

Dans la première séance, les élèves disposent sur une feuille de l’article 2 de la Constitution de la Ve république et collent à côté de chaque alinéa une représentation du drapeau français, de la devise (photographiée devant l’école ou la mairie de la commune) et du 1er couplet de la Marseillaise.

L’enseignant·e raconte l’apparition du drapeau tricolore sous la forme d’une cocarde donnée à Louis XVI lors de sa visite à Paris après la prise de la Bastille. Ce drapeau est associé au drapeau européen dont la signification sera développée dans le chapitre sur la construction européenne. Il est possible, pour le moment, de justifier cette association par le fait que la France est membre de l’UE.

L’enseignant·e explique que la devise évoque les valeurs de la République, à savoir ce qui est jugé bon et juste et qui doit être constamment respecté. La liberté et l’égalité viennent de la DDHC (art. 1 : «  Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ») et la fraternité vient de la Révolution de 1848.

Tout cela peut être indiqué par les élèves sur leur feuille.

Dans la deuxième séance, sont abordées la fête nationale et Marianne. Normalement, les élèves ont déjà travaillé la Révolution française en histoire et sont capables d’expliquer que le 14-juillet commémore la fête de la Fédération en 1790 (symbole d’unité nationale) qui commémore elle-même la prise de la Bastille en 1789. Un débat peut avoir lieu pour se demander pourquoi le 14 juillet commémore la fête de la Fédération (unité nationale) et pas la prise de la Bastille (un événement sanglant).

Les élèves sont également capables de repérer le bonnet phrygien (symbole de la liberté) et la cocarde tricolore sur le timbre représentant Marianne.

On demande ensuite aux élèves une production écrite dans laquelle ils racontent que certains symboles de la République sont issus de la Révolution française.


2. Indiquez comment vous expliquez à vos élèves la fonction de ces symboles.


Ces symboles sont nécessaires pour représenter concrètement les valeurs (la devise « liberté, égalité, fraternité » qui figure sur tous les bâtiments administratifs) dans lesquelles chacun·e doit se reconnaître et que chacun·e doit garantir par ses actes. Le drapeau tricolore et l’hymne symbolisent la nation à laquelle nous appartenons. Le drapeau tricolore est désormais associé au drapeau européen pour nous rappeler que nous sommes aussi des citoyen·nes européen·nes. Marianne est un symbole qui n’est pas cité dans la Constitution. Elle incarne la République (cocarde tricolore) et la valeur de la liberté (bonnet phrygien) depuis la Révolution française.

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